Dire «non», ça soulage

Dire «non», ça soulage

Publié originalement dans Le Grenier aux Nouvelles ici

Si vous questionnez des professionnels de la communication, des RP ou du marketing au sujet des irritants liés au travail d’agence, fort est à parier qu’ils vous diront le manque de temps pour tout faire, suivi de très près par la gestion des attentes des clients…

Les différentes contraintes de personnel, les charges de travail et les demandes parfois farfelues des clients et des cadres, causent à ces professionnels d’être constamment surchargés de travail, en plus de devoir continuellement chercher des solutions pour faire toujours plus avec moins. Existe-t-il des façons gracieuses de dire «non» à un projet qui ne peut simplement pas être entrepris à ce moment-ci?

Il suffit de dire «non», non?

Si ça vous paraît plus facile à dire qu’à faire, c’est probablement que vous ne dites pas assez «non» à vos clients et collègues. Mais il n’y a rien de mal à faire connaître vos limites et à baliser vos actions, surtout s’il s’agit d’effectuer des tâches ou de réaliser des projets qui ne correspondent pas à vos compétences. Ainsi, vous limiterez les déceptions et gagnerez de la crédibilité en demeurant transparent et honnête.

C’est quoi l’objectif déjà?

Suivez l’exemple des ingénieurs et experts en TI qui sont passés maîtres dans la lutte à la «dérive des objectifs». Rédigez des offres de services claires avec les objectifs détaillés du projet ainsi que des dates de livraison réalistes. N’oubliez pas de parler «d’attentes» avec vos clients et d’expliquer quel membre de votre équipe réalisera quoi. Enfin, lorsqu’il est question de réaliser une campagne de communication pour accroître la notoriété, il est toujours important de vous entendre sur ce qu’il sera possible de réaliser et ce qui ne se fera pas. Par exemple, «nous ne sommes pas des experts en contenu, mais nous pouvons aider vos experts de contenu à développer vos messages».

Tout faire, même ce qu’on ne fait pas?

Si un client vous demande d’éditer une vidéo et que personne dans votre équipe ne sait comment le faire, il serait très imprudent de tenter de vous improviser monteur… Il vaut mieux impartir le contrat à un tiers, à quelqu’un qui ne fait que ça. Avec un peu de chance, vous trouverez un étudiant en cinéma qui peut faire le travail à un prix très raisonnable sans que vous n’ayez à galérer pour livrer la marchandise. Résultat: vous n’aurez pas perdu de temps à essayer de réaliser un projet compliqué, qui ne fait pas partie de vos services et que vous ne vouliez même pas à ajouter votre liste de qualifications.

Concentrez-vous uniquement à offrir des services dans lesquels vous êtes bons, voire excellents. N’essayez pas de répondre à tous les besoins, soyez opportunistes et sélectifs. Ça vous servira! En réduisant votre offre de services pour ne cibler que les clients avec des besoins très spécifiques ou à certaines industries, vous offrirez des services qui seront mieux adaptés à la réalité du marché et qui vous permettront de faire votre niche pour mieux vous démarquer de la concurrence.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Si on vous propose de réaliser un projet dont l’idée vous parait insensée dès le départ ou dont l’atteinte de résultats vous semble peu probable, pourquoi l’accepter? Si vous n’y croyez pas, passez au prochain appel sinon vous risquez d’entraîner votre équipe dans une spirale de gaspillage de temps et de ressources importantes, au détriment des projets de vos clients chouchous. Choisir de laisser passer un contrat pourrait donc s’avérer payant, car le temps consacré à la réalisation dudit projet pourra maintenant être déployé vers le développement d’affaires pour obtenir des mandats plus intéressants et en lien avec votre expertise réelle.

Plusieurs dirigeants hésitent à dire «non» par principe ou parce qu’on ne laisse pas de «business sur la table. Les plus rusés vous rappelleront que l’argent n’est pas l’unique moteur de l’entreprise. Les gens qui vous aident à réaliser tous ces beaux mandats doivent également être heureux et souhaiter travailler sur ces projets - surtout les jeunes. Impliquer vos gestionnaires dans le processus d’offres de service est donc essentiel afin de ne pas être pris à réaliser des mandats qui débordent de votre expertise et provoquent des bouchons de production. Sans parler du stress négatif sur les équipes.

Et les autres?

Vous devriez apprendre à tous vos collègues les vertus du «non» puisqu’une personne qui dit toujours «oui» peut présenter des risques pour votre entreprise. En acceptant tous les projets et les tâches, elle risque de créer des attentes irréalisables, de mal gérer ses heures, de dépasser les délais de livraison et ultimement de souffrir d’épuisement professionnel. Une série de situations qui pourraient créer des insatisfactions chez les clients et vous faire du tort.

Avez-vous d’autres bonnes raisons pour dire «non»?

Pas de commentaire.

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